Jeudi 12 mai 2005

A dix-sept ans, j’ai gardé mes mots sur le ventre parce que je n’ai pas osé.
Elle était si belle que j’en ai eu l’élan rompu.
Je m’étais demandé combien d’années ça pourrait me prendre d’essuyer un tel refus.
Aujourd’hui je sais combien d’années ça dure de ne pas faire le pas qui compte.

Et puis je vous ai vu. Vous regardiez à travers moi, et moi, j’ai encaissé le choc de la rétine jusqu’au fond du crâne. Mon cœur en a manqué un battement et je suis resté figé dans une chute sans fin.

Puis quelque chose est revenu d’entre les morts et m’a rafraîchi en un instant. J’ai respiré de nouveau. Mais un autre air. J’ai compris que je pouvais me remettre à exister.

Les mots me sont revenus, rappelés à l’évidence. Trop tard pour vous les dire d’une voix enfin redevenue vive, je vous avais laissé filer.

Alors jÂ’ai mis la main sur cette adresse et misé sur l’électronique pour vous dire ce que je ne supporte plus de garder pour moi. 

Excusez leur maladresse, ces mots viennent dÂ’un âge où lÂ’on se croit poète, et où lÂ’on est juste amoureux. Les voici quand même :

Heurtant lÂ’attente,

Ton sourire,

Comme un coup de hache dans ma

Glaise

Rend au soleil

Le souvenir

De la beauté

Des perce-neiges.

Ces âmes qui chauffent la mienne

 

Par Samuel - Publié dans : correspondance
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