
Je vous concède sans mal toutes ces raisons.
Mais je vous rassure, en recopiant votre adresse e-mail, je crois que jai atteint le paroxysme de ma dangerosité. Cest le plus gros des petits cailloux que je pouvais trouver pour distraire votre fenêtre et espérer quune voix me revienne en écho.
Quand à mes mots, cest sûr, ils ont trouvé leur destinataire, quand bien même ils finiraient aux anecdotes de pause-café. Ce que vous leur ferez ne mappartient plus.
Jai la parfaite conscience de la possibilité de nourrir cette rencontre dillusions. Mais jestime que je ne fais que sacrifier à lusage de tout un chacun, dans des proportions identiques. La lucidité en surcroît.
Comprenez- moi : je peux jurer que jai passé lâge de menflammer. Je ne suis pas fou. Je ne suis pas au désespoir. Jai pris les douches froides que nécessite une bonne trempe. Et vous men voyez résolu.
Mais le temps passe si vite, et si mal, quil faut bien façonner un peu dessentiel dans ce flot de futilités. Combien de personne laissons-nous filer alors que nous voudrions inaugurer un nouvel amour ou une nouvelle amitié, uniquement parce que le destin na pas fait les présentations ?
Je veux vous rencontrer, Emma. Au moins ici. Par lécriture. Au risque de la gifle - allez-y des deux mains. Au risque de la honte - il faut bien entretenir sa défiance en soi. Au risque de léchec il faut bien vivre.
Je ne pourrais me résigner à passer à côté de vous.
Et vous avez tout pouvoir de ne pas donner suite.
Deux questions me taraudent.
En quels dieux croyez-vous ?
Avez-vous votre propre recette de tarte aux pommes ?
Samuel
PS : 1er indice : je vous ai croisé à Paris, mais je ne suis pas parisien.
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